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galen

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1

mardi 15 janvier 2013, 00:33

le vieux qui sait pas lire au bout du monde

au bout d'un certain temps qu'on le fréquente, il devient assez pénible le vieux
pourtant il convient de souligner que pas mal de temps a été consacré à rédiger les textes qu'il nous traduit tant bien que mal.
et comme en général (on est tellement heureux d'avoir obtenu un point de savoir secret) on zappe rapidement les textes sans rendre hommage à leurs rédacteurs.
je transcris donc ici tous ces petits morceaux de jeu qui donnent de la chair a WoD et en font un petit peu plus qu'un mécanisme "nique souris " a la diablo :yes:

bonne (re)lecture à tous :)

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2

mardi 15 janvier 2013, 00:35

Tu tiens entre tes mains le journal d’un prisonnier Magmar. Ecoute attentivement, guerrier, et essaie de comprendre mes paroles.

Des ténèbres impénétrables m’entourent de toute part. Je me trouve dans une caverne au plafond haut, l’air y est moisi, la respiration est donc difficile et désagréable. Je suis ici par la volonté des Humains qui m’ont fait prisonnier pour découvrir le secret de la domestication des Insaisissables Chauves-souris Atchi. On voit tout de suite qu’ils s’y sont préparés soigneusement et à l’avance, ils ont même trouvé un interprète, un Magmar ! Quel salaud ! Comment se fait-il que sa conscience ne le travaille pas pour avoir vendu sa race en passant à l’ennemi ! Après tout ça, il rentrera certainement à la maison, il regardera sa femme en face, il portera ses enfants dans ses bras… Et le lendemain, il trahira de nouveau tout ce qu’il y a de sacré.

C’est ce que je craignais le plus… à travers des bribes de conversations, j’ai compris qu’ils envisageaient de me torturer. Il ne me reste qu’un seul espoir : que ma volonté sera plus forte que leur patience.

Je suis ici trois jours déjà et je crois de moins en moins fort que quelqu’un me cherche encore. Ils me frappent sans merci. Tout mon corps n’est qu’un immense hématome… Ma tête éclate de douleur, mes mains tremblent, mes jambes chancellent. J’ai pris un immense plaisir de cracher à la gueule de l’interprète ! Ils m’ont de nouveau battu pour ça, mais qu’importe ! Même maintenant, je ne peux m’empêcher de sourire au souvenir de ses yeux : un regard incrédule, bête, se remplissant progressivement de colère et du désir de vengeance. Un monstre ! Un jour, je l’aurai et là, rien ne pourra l’aider !

Mon Dieu, jamais je n’aurais cru que l’imagination humaine pouvait aller si loin… Ils m’ont enfermé dans un coffre en fer avec des centaines, des milliers d’insectes à l’intérieur. J’ai essayé de na pas respirer, je fermais les yeux, je tirais les chaînes – rien n’y faisait ! Les araignées et autres punaises, grouillant de partout, ont recouvert tout mon corps, m’entraient dans le nez, dans la bouche, dans les oreilles… Je sentais chaque effleurement de leurs pattes gluantes, chaque mouvement d’une sorte d’organisme unique formé de milliers de petites bestioles grouillantes. Je n’avais plus qu’une seule idée en tête – me libérer, secouer tout cet essaim, pour ne plus entendre le crépitement des pattes velues écrasées par mes mains tremblantes, me libérer de ce bruissement silencieux de ces petits corps recouvrant complètement le mien.

Aujourd’hui j’ai vomi toute la journée. Une grosse boule me monte à la gorge à chaque fois que je me rappelle les insectes. Je ne sais pas ce qui m’attend aujourd’hui, car hier j’ai fini par vomir sur les bottes de l’interprète. Cette fois, son visage s’est tordu dans une telle grimace que j’ai eu peur, pour la première fois vraiment peur. Je ne laisserai pas ces canailles me briser. Si le secret de la domestication des Atchi tombe entre leurs mains, ça finira sans aucun doute par un monstrueux carnage. Il faut que je tienne. Pour ceux qui croient en moi et tous ceux dont le sort dépend de moi…

Ça fait mal… Mes mains tremblent… Je deviens fou… Je ne sais plus depuis combien de temps je suis ici, je ne me rappelle plus combien de temps je suis resté sans connaissance. Il me semble que c’était quelques jours, mais peut-être quelques heures… Je sens une telle faiblesse que j’ai du mal à tenir la plume. L’œil gauche a complètement gonflé et je ne peux plus l’ouvrir. Ils ont fait des incisions sur mon corps… Je me rappelle en avoir compté 54, et puis tout s’est dissout dans un brouillard rouge, j’ai eu la nausée, et dans la bouche je sentais le goût salé du sang. De colère et de rage, leur Chef me hurlait quelque chose au visage, mais je ne l’écoutais pas… Quel animal. Il ne mérite pas la vie, la mort rapide non plus, d’ailleurs. Il vaudrait mieux que je ne me trahisse pas aujourd’hui mais j’avais tellement mal que je ne pouvais plus parler. Par ma tête passaient des souvenirs des Arènes de Dartrong, où des jeunes Magmars, presque des enfants, font leurs premiers pas incertains sur le chemin des arts martiaux. Je me rappelais les grands duels et les guerriers joyeux, les amis tombés au combat et ma première hache, le premier coffret que nous avons forcé avec mon père et le magnifique Zorbe qu’on m’a offert avant mon mariage. Je me rappelais tout ça et je me disais que je ne peux pas, que je n’ai pas le droit de trahir tout ça, de le sacrifier uniquement parce que quelques salopards ont réussi à me jeter à genoux.

Je me sens terriblement mal. Je ne sentais plus mon corps, mes mains et mes jambes étaient engourdis… Une douleur sourde circule dans mes veines et je sens la fin imminente qui s’approche. Leur chef a craqué, sa rage lui a éclipsé la raison et il a ordonné de me tuer. Au début, j’ai sombré dans le désespoir : je me roulais par terre et je hurlais comme une bête, et puis j’ai compris que si je les ai amenés à donner cet ordre, ça veut dire que je les ai vaincus ! Ça veut dire qu’ils se sont rendus compte qu’ils n’arriveront pas à me briser, ça veut dire que je leur ai prouvé que ma volonté est plus forte. Je leur ai prouvé… J’ai réussi…
J’ai toujours pensé que la mort était quelque chose de terrible. Mais il est clair que nous mourrons tous un jour. Nous soignons des maladies graves, nous guérissons les blessures que la vie nous inflige et nous repoussons soigneusement le moment, où nous serons obligés de faire nos adieux au monde des vivants. Mais la mort arrivera de toute façon. Ça sera ainsi, je vous le jure.
L’attente est beaucoup plus terrible, ce supplice où les heures et les minutes s’étendent sans fin, rampent comme des sangsues glissantes et gluantes, en suçant toutes tes forces. C’est nettement pire de savoir qu’il ne reste plus beaucoup de temps à vivre. Alors, tu attends… La conscience s’émousse alors, ou peut-être au contraire, elle devient beaucoup plus sensible, mais le monde devient tout de suite différent, toutes ses valeurs perdent tout à coup leur importance. Ce journal était mon dernier ami, mon dernier confesseur, qui cachera ce qui murissait et s’épanouissait en moi depuis ma naissance jusqu’aujourd’hui. Il se peut que je meure, mais je mourrai le sourire au visage, car ma nation peut être calme, maintenant. Je partirai avec l’espoir et la foi dans tout ce qui est sacré, dans tout ce qui l’était quand j’étais encore en vie et en ce qui arrivera encore…

J’entends des pas. Il viennent me chercher. Enfin...

galen

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mardi 15 janvier 2013, 00:36

Tu es tombé sur un antique manuscrit d’un auteur inconnu. Écoute attentivement, guerrier, et essaie de comprendre mes paroles.

Les terres lointaines, enveloppées de secrets, cachent énormément de mystères et de surprises, elles mènent le voyageur dans les labyrinthes de leur histoire, de leurs légendes…
Cela faisait déjà trois jours que Yarouch marchait à travers le désert, désert qui semblait ne jamais finir. Un vent sec et brûlant lui envoyait des gerbes entières de sable au visage, qui fut jadis blanc, mais qui est maintenant couvert d’une carapace sale. L’étoile Mirrow brûlait impitoyablement son corps au point qu’il lui semblait qu’elle avait décidé d’utiliser contre lui une semaine de ses réserves de rayons. Même la nuit il n’était pas tranquille – le désert ne refroidissait pas, contrairement aux affirmations des sages. Sa langue se collait à son palais, ses jambes refusaient d’obéir et ne surmontaient qu’avec peine les moindres obstacles. Depuis longtemps déjà il avait perdu son épée et ne s'en était même pas aperçu. Il ne ressemblait en rien à ce jeune rebelle qui savait tout sur tout et qui était le chef de la nouvelle génération de guerriers, celui qui se frappait le torse du poing et affirmait qu’il ferait venir des terres lointaines des renforts, qui mettraient fin à cette guerre interminable entre Humains et Magmars. En réalité, il était persuadé d’avoir raison, il avait même parié, mais maintenant… Son seul rêve était de trouver une source d’eau. De la trouver et de s'étreindre avec son humidité vivifiante ! Quitte à perdre le pari, d’être marqué du sceau de la honte et de passer dans l’histoire en tant que jeune raté surestimant ses forces. Maintenant, la seule chose qu’il voulait – c’était boire !
Brusquement, le ciel trembla et se transforma en une brume presque invisible, il lui sembla voir tout près une pente menant droit vers un précipice. Le jeune homme se retourna de manière distraite… et vit un puits ! «Ô, mes dieux ! Vous m’avez entendu !» – cria Yarouch et, avec un plaisir longtemps attendu se pencha au-dessus du puits. Quelle ne fut pas sa déception lorsqu’à l’intérieur il ne vit que du vide. «Sois maudit !» cria le jeune guerrier et de toutes ses forces il lança un coup de pied contre les pierres brûlantes du puits. Et soudain !... Avec un vrombissement étourdissant une colonne de sable tournoyante s’éleva. Elle montait vers le ciel comme pour le transpercer, tournoya encore un moment puis se divisa en morceaux qui, à la grande stupéfaction du voyageur, se transformèrent en énormes monstres sableux ! Ils étaient si grands que Yarouch ne leur arrivait même pas aux chevilles. «Qui es-tu ? – demanda un des monstres – Pourquoi nous as-tu réveillés ?!». Yarouch trembla et chuchota : « Je suis un guerrier de la race des Humains...» «Que désires-tu, guerrier de la race des Humains ?» tonna le géant. «Je suis venu du continent d’Ogrium pour demander de l’aide ! Depuis longtemps déjà nous menons une guerre contre les Magmars et j'ai été suffisamment effronté pour déclarer à mon commandant, que je ferai venir des renforts des terres lointaines et qu’ensemble nous mettrons fin au combat !» expliqua Yarouch avec déjà un peu plus d’assurance. «Ha ha ha ! Regarde, Odo, voilà un protégé d’Erifarius ! – s’adressa le monstre à un second monstre. – Il est venu chercher de l’aide ! Ha ha ha !»
«Écoute, Yarouch, ce que j’ai à te dire – dit le géant qui s’appelait Odo – viendra un jour où vous, les guerriers de la race humaine, nous rencontrerez, nous – les géants sableux. Mais ce temps n'est pas encore venu. Maintenant, le plus important est que vous preniez part dans notre combat commun contre le Chaos. Chaque habitant de notre grand monde devrait s’occuper surtout de ça, et non de querelles stériles que vous auriez voulu gagner grâce à notre aide. Maintenant, je vais faire en sorte que tu sois transporté sur ton continent et que tu oublies notre rencontre. Rappelle-toi cependant ce que je t’ai dit. Adieu !»
«Comment savez-vous comment je m’appelle ?!» – eut encore le temps de demander Yarouch. Et de nouveau la colonne de sable se leva, l’attrapa et le transporta vers le lointain Ogrium, où le guerrier devrait remplir la mission la plus importante de sa vie…

galen

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mardi 15 janvier 2013, 00:36

Tu tiens entre tes mains une ballade écrite par un barde itinérant, intitulée «La Dernière nuit». Écoute attentivement, guerrier, et essaie de comprendre mes paroles.

Le mauvais temps sonne sur Sodvays,
Dans une danse sauvage tournoie la tempête,
Et à la veille de Noël,
Grandissent les congères.

Les ménagères s’affairent dans les hameaux,
Les enfants ne descendent pas de leurs luges,
Et comme de l’or brillent les parures,
Aux sommet des sapins branchus.

La fumée grise monte doucement vers le ciel,
Et les braises ensommeillées rougissent dans les fours,
Une odeur de pain chaud s’étend,
La brume descend sur Sodvays.
Mais tout ce qui vivait s’est tu tout à coup,
Quand le garde, pénétrant dans la cour, nImpuissant, tomba devant son commandant,
Et ne dit qu’un mot : «Krofdor !»

Et dans leurs chaumières les vieux se cachèrent,
Et le peuple se tut dans l’attente,
Les enfants jetèrent leurs jouets
Dans les cours, sur la patinoire, dans les portes…

Comme s’ils ne voyaient ni les cadenas ni les barres,
En une horde sauvage, méprisée du sort,
S’abbatit sur la cour une centaine de Krofdors,
Semant la souffrance autour…

L’Esprit de la Guerre remplissait leurs cœurs,
Le silence fut coupé par le bruit des épées,
Et au-dessus des toits couvait la souffrance,
L’éternel compagnon des guerriers-bourreaux.

Il y avait quelque chose dans la folie de l’accrochage -
Dans la danse folle qui enlaça ce combat,
Dans cette soumission muette dans les yeux,
Où vivent en harmonie le désir et la paix

Et les Krofdor sont partis à l’aube,
Emmenant avec eux la victoire et l’or,
Montrant leur course vers la liberté,
Et s’en servant pour refaire les lois.

Le mauvais temps sonne sur Sodvays
Dans une danse sauvage tournoie la tempête,
Et déjà en ce jour de Noël,
Grandissent les congères.

Le temps ailé passe à toute vitesse,
Un autre combat viendra et passera,
Mais elle portera toujours son fardeau,
Cette nation indépendante et fière…

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mardi 15 janvier 2013, 00:37

Tu as entre tes mains une note pré-mortuaire, d'un contenu très inhabituel. Écoute bien, guerrier, et essaie de comprendre mes paroles.

Comment vivre, comment exister, si tu es né dans un cloaque pourri et puant ? Si, depuis tes premiers jours tu portes le fardeau de tes origines, de ton faciès, de ton appartenance à ce terrible amas d'affreux appelé Chaos. C'est donc pour cette raison que j'ai décidé de mourir. Disparaître avant qu'ils ne commencent à m'apprendre toutes ces sagesses et réflexes que doit maîtriser un véritable guerrier, serviteur du Chaos. Selon les membres du haut commandement, tant que je suis encore très jeune, les problèmes de conquête de mondes nouveaux, de guerres pour la domination de l'Univers, de politique et de pouvoir ne devraient pas m'intéresser. Mais ils ne savent pas que j'ai appris à étudier et juger en détails l'ordre des choses déjà à l'âge de 2 hés (c'est notre mesure d'âge) et les analyser à l'âge de 3 hés ; maintenant j'ai déjà 4 hés et j'en ai tiré les conclusions. C'est pour cela que je veux mourir. Je suis talentueux, quels que soient les critères et quelque soit le monde, je me démarque par mon intelligence. Je maîtrise les langues de 15 mondes, et dans chacun d'eux il y a au moins deux races. Cette note pré-mortuaire, je vais l'écrire en 28 langues, car je n'ai pas eu le temps de maîtriser suffisamment l'écriture des petits loggers amusants ni des géants des sables et je ne voudrais pas les offenser par une graphie inappropriée. Qu'ils veuillent donc bien me le pardonner. Et par la même occasion, mon nom est si horrible que l'on ne peut le prononcer

galen

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mardi 15 janvier 2013, 00:38

Tu as entre les mains une page provenant d'un livre historique intitulé « Chronique des temps anciens ». Écoute attentivement, guerrier, et essaie de comprendre mes paroles.

Depuis le temps, où les Zorbes sont arrivés dans les hameaux, venant de terres connues de personne, les Magmars s'y intéressaient sans cesse. Les Zorbes disposaient d'une force extraordinaire et d'une ténacité hors du commun, ils pouvaient se déplacer très vite ; ils étaient aussi d'une grande sagesse. Alors, pourquoi gaspiller une telle force si l'on pouvait la réduire à l'obéissance ? Partant de ce principe, les habitants du Khaïr essayèrent d'accoutumer ces animaux à vivre avec eux, de les apprivoiser et domestiquer, mais aucune de leurs tentatives ne réussit. Rien n'y faisait : ni les liens, ni les trappes, ni les friandises, ni les enlèvements des petits, car attraper un Zorbe dans un filet était tout simplement impossible. On rejeta donc pour un certain temps l'idée d'attraper ces animaux et les Magmars ne les touchèrent plus pendant quelques dizaines d'années… Jusqu'au jour, où devant les portes de Dartrong apparut un vieillard vêtu d'une armure étrange, faite de lourdes plaques qui brillaient d'une aveuglante lumière blanche. S'arrêtant pour un moment, il toisa la foule d'un regard sinistre et exigea qu'on le conduise chez le Chef. Peu après, on envoya dans le Khaïr entier des courriers qui appelaient les chasseurs les plus doués et les plus expérimentés à venir participer à la mise au pas des Zorbes. L'inconnu proposa aux Magmars un marché hors du commun : il pouvait les aider à mater le plus fort et le plus expérimenté des Zorbes sous les yeux de toute sa horde, pour lui prouver sa supériorité. Il expliqua, que n'importe quelle horde rejette son chef si celui-ci perd sa force ou est vaincu au combat ; ils élisent alors un nouveau chef, souvent le vainqueur de l'affrontement.
En échange, le vieillard exigea qu'on lui offre les douze meilleurs guerriers du continent. Certains réagirent à ses propos en riant, d'autres voulurent le pendre sur la potence la plus proche, d'autres encore se proposèrent eux-mêmes comme monnaie d'échange. Quoi qu'il en soit, cette nuit-là, douze des plus forts et plus courageux Magmars, qui, conformément aux paroles des Chefs, avaient consenti de leur plein gré à suivre l'inconnu pour le bien de leur nation, considérant cela comme une mort non moins honorable que la mort au combat, disparurent sans laisser de traces. À partir de ce moment-là, l'insolite contrat entra en vigueur.
Sur le continent entier, on choisit les meilleurs chasseurs, les meilleurs forgerons préparèrent de nouvelles armes et armures. Tout était prêt pour l'expédition.

galen

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mardi 15 janvier 2013, 00:38

Tu as entre tes mains des documents appartenant au clan des « Haches Rouges », et qui contiennent une lettre recommandant la capture d'une ondine, ainsi que les rapports d'observation et de chasse. Écoute attentivement, guerrier et essaye de comprendre mes paroles.

Lettre au clan des « Haches Rouges » avec commande de capture d'une ondine.

Vénérés membres du noble clan des « Haches Rouges », je vous prie, par la présente, de bien vouloir réaliser ma requête, qui n'est pas difficile. J'ai beaucoup entendu parler de votre force et agilité, de vos connaissances et qualifications, de votre aptitude à relever des défis de différents degrés de difficulté. C'est pourquoi je me suis décidé de confier cette affaire délicate à vous et non à quelqu'un d'autre. Voyez-vous, j'ai eu ouïe dire, que moyennant une récompense généreuse, vous consentez à attraper des ondines vivantes. Cela m'intéresse beaucoup. Ma fortune a considérablement augmenté durant ces derniers temps et je voudrais divertir mes invités ainsi que moi-même avec quelque chose de spécial, disons quelque chose qu'il leur serait plutôt difficile de voir chez quelqu'un d'autre. Je suis prêt à vous récompenser généreusement pour ce travail délicat, d'autant plus que l'affaire n'est pas ordinaire et demande une approche spéciale. Mon serviteur vous donnera de suite un acompte, dès que vous consentirez à réaliser cette commande. Je suis prêt à vous donner personnellement le reste de la somme à la livraison de cette précieuse marchandise. Je voudrais seulement que l'ondine ne subisse pas de dommages, qu'elle puisse bouger et qu'elle ne soit pas malade. Je tiens à vous répéter encore une fois, que je ne serai pas avare et que je suis prêt à donner une pile entière de monnaies d'or pour la réalisation rapide de cette commande. Veuillez agréer, Messieurs, mes salutations distinguées, Seigneur Reyfuss.

Rapport d'observation d'une ondine près des chutes d'eau de Lumiria

Notre clan a reçu un joli petit boulot qui va nous faire gagner toute une montagne de pièces d'or. C'est une commande concernant la capture d'une ondine. Sans hésiter un instant nous nous sommes mis à la tâche. Au début, il fallait observer un peu la « longue-queue », pour que, deux jours plus tard, avant que ne disparaisse la lueur de Mirrou, la capture puisse être remise au richard, et que nos poches s'emplissent à ras bords de tout ce bon or. Le choix est tombé sur une ondine insouciante, joyeuse et très jolie. Nous avons passé deux jours dans cette boue, épiant et reniflant, étudiant ses itinéraires et ses occupations. Humm… À vrai dire, la vie des ondines se déroule plutôt sans problèmes. Vélena, car tel est le nom de la « longue-queue », passe la première moitié de la journée à se prélasser sur un rocher et à se coiffer. Après avoir fini de contempler son reflet dans l'eau, en général elle s'en va jouer sous les chutes d'eau avec d'autres « queues de poisson ». Ensemble, elles font un vacarme incroyable. Notre proie est extrêmement hardie et drôle, ce qui est un atout indiscutable car cela nous permettra de mieux la marchander pour en obtenir plus d'or. Dans l'après-midi, elle disparait sous les eaux, probablement pour se reposer de ses folies matinales, car ensuite elle réapparaît sur son rocher, l'air maussade et commence à se pomponner. Durant la seconde partie de la journée, elle se remet à jouer. Avec les autres, elle chante une chanson nostalgique qui vous attire dans l'eau avec une force irrésistible, comme un rat serait appâté par le son d'une flûte. Beaucoup de faibles, qui n'arrivent pas à se ressaisir à temps, sont attirés jusqu'au fond, où ils servent de nourriture aux écrevisses. Nous-mêmes, nous avons dû nous boucher les oreilles pour ne pas devenir leur proie. Cette idiote d'ondine s'est avérée être friande de bijoux. Elle ramassa bien vite le diadème que nous avions laissé sur le rivage. Sa curiosité est sans doute plus forte que sa crainte – il faudra sans aucun doute l'utiliser pendant la chasse.

Chasse à l'ondine

Un filet bien solide, sentant fort les algues et le poisson pourri fut posés à côté d'un sac gris – le kit du chasseur d'ondines était prêt. Avec mon compagnon, nous nous étions bandés les pieds de feutre et nous marchions sans faire de bruit à travers les herbes, en cherchant un endroit bien calme pour tendre le piège. Nous en avions assez de ces maudites chutes d'eau, mais devant nos yeux apparaissait de temps en temps les montagnes d'or promises par le riche. « Longue-queue » ne se fit pas attendre. Elle émergea à l'heure habituelle et prit sa place de tous les jours. Nous jetâmes un bijou au bord de l'eau pour l'appâter. Bien sûr, cela n'échappa pas à son regard curieux et le poisson, tout bête, se dirigea vers le rivage en glissant agilement sur l'eau. Le sifflement discret de la corde coupa le silence, les bords du filet tombèrent dans l'eau avec un bruit retentissant. L'ondine se débattit désespérément dans le filet, en écumant l'eau de sa queue énorme. Paniquée, regardant autour d'elle, elle ne voyait rien mis à part les grandes mailles du filet qui lui enlaçait le corps. Nous nous jetâmes en avant pour récupérer notre proie. La « longue-queue » s'accrochait au sable et nous couvrait de jurons que je n'avais jamais entendus auparavant, même dans l'auberge du vieux Glivens. Mon compagnon la prit par la queue et commença, en mouvements rapides, à la libérer du filet qui l'emprisonnait. Je regardai si nous ne l'avions pas blessée. Elle avait l'air pitoyable, on aurait dit un chat mouillé. Contents du travail accompli, nous déposâmes notre prise résignée, dans le sac que nous nouâmes soigneusement. La commande était réalisée. Il ne nous reste plus maintenant qu'à attendre la récompense.

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mardi 15 janvier 2013, 00:40

Tu as entre tes mains une page du livre « Histoires des civilisations déchues ». Écoute attentivement, guerrier, et essaye de comprendre mes mots.

Un peuple minuscule arriva jadis dans une caverne profonde, et la considéra aussitôt comme sa maison, puis s'y isola des autres races. Il y vint une fois et ne la quitta plus, se limitant à ce que pouvait lui fournir les généreuses entrailles de la terre. Descendant toujours plus profondément, dans l'interminable labyrinthe de tunnels, ces créatures, qui s'étaient elles-mêmes appelées Aldes, prirent connaissance des secrets qui reposaient en ces lieux depuis des millénaires, cachés aux yeux des intrus. Avec le temps, oubliant le scintillement des étoiles, ils s'habituèrent à cette éternelle obscurité, ils apprirent à construire leurs maisons avec des stalactites brisées et à tirer leur nourriture de lacs souterrains aux eaux translucides, que ni les hommes, ni les elfes, ni les Gnomes n'avaient jamais touché. Le monde souterrain dans lequel ils étaient arrivés s'avéra être incroyablement généreux. Le labyrinthe offrit aux Aldes des salles entières de pierres précieuses et de pépites d'or, un or avec lequel ils commencèrent à fabriquer des coupes, des pièces de monnaie, des parures et même des éléments d'armement. Après quelques années, sous les plafonds sombres de la grotte poussa une énorme cité, à laquelle aucune autre ne pouvait se comparer, tant par sa beauté que par sa richesse.
Au cœur de la cité, les Aldes bâtirent une crypte, dans laquelle ils déposèrent leur relique la plus chère, la Coupe Sacrée. Pendant des siècles, les Aldes avaient pris soin de la conserver et de la protéger, car c'était l'un des plus puissants artefacts, qui pouvait centupler les forces de son propriétaire. Ses capacités étaient pratiquement illimitées - dans les mains d'un Mage expérimenté, elle aurait pu transformer la cité en une oasis merveilleuse. Mais dès que quelqu'un utilisait la Coupe à des fins personnelles, cela marquait une sorte de tournant – l'équilibre était rompu. Pour le rétablir, le mal venait occuper la place du bien, avec une force égale à la sienne. Le soir même où un jeune homme s'était procuré une chope de bière, en se servant de son pouvoir magique, il fut dévalisé dans la rue par des brigands. Dans un monde, où grâce aux efforts d'un individu, la beauté presque absolue aurait du régner, une épidémie de fièvre jaune avait failli faire disparaître toute une civilisation. Conformément à la loi de l'équilibre, la lumière était traquée sans répit par les ténèbres - la Coupe Sacrée était la frontière invisible qui les reliait. Les Aldes avaient compris, à quel point il était dangereux d'utiliser cet artefact, ils considéraient donc comme leur devoir de l'isoler du monde extérieur.
Pendant ce temps, la nouvelle cité, riche en terres fertiles, minerais utiles et herbes médicinales, grandissait et se renforçait, se remplissait d'extraordinaires temples et chapelles et s'enrichissait de curiosités trouvées dans les tréfonds de l'immense caverne. Les Aldes appelaient cet endroit Luafast, à la gloire de Luaïa, leur reine pleine de sagesse. C'était elle qui leur donnait l'espoir de renaître dans les moments d'impuissance et de détresse, quand leur nation était obligée d'errer à la recherche de nourriture ou de protection.
Le labyrinthe de la cité souterraine devint pour les Aldes non seulement leur maison, mais aussi un parfait abri contre les incursions étrangères. Une fois établis, ils s'y sentirent enfin en sécurité et purent respirer librement.
Mais leur bonheur ne devait pas durer longtemps, car un jour un des conseillers frappa à la porte des appartements de la reine Luaïa, et après une longue discussion, il dévoila qu'il ne voulait plus vivre dans la peur de la force magique de la Coupe, d'autant plus que son utilisation pouvait détruire tout le bien du monde. Il lui annonça qu'il avait un vœu spécial qui ne causerait de tort à personne.
Ces paroles avaient secoué la reine à un tel point qu'elle interdit fermement toute opération sans son consentement. Mais le conseiller était à ce point aveuglé par ses idées qu'il ne voulait même plus écouter la sage femme. Comme étant possédé, il parlait sans cesse de son vœu interdit, bien qu'il ait enfin juré de ne prendre aucune décision tout seul.

galen

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9

mardi 15 janvier 2013, 00:41

-------------------------------------------------suite et fin-----------------------------------------

Tourmentée toute la nuit par ses lourdes pensées, Luaïa n'arriva pas à s'endormir, alors qu'à l'aube, un brouhaha de multiples voix vint interrompre son sommeil léger. Des centaines d'habitants s'étaient rassemblés devant l'entrée de la crypte et regardaient, désorientés, la porte blindée défoncée. Un des Aldes qui se disait mage, n'avait pas écouté la reine et avait pénétré dans la forteresse dans laquelle on avait caché la Coupe. Seul le Créateur sait quelles formules l'Alde employa pour réveiller la force, et on ne peut que supposer ce qui arriva plus tard. Mais pour le moment le corps du conseiller mort gisait près du piédestal, et dans ses yeux vitreux grands ouverts, on pouvait lire une effroyable peur. Qu'avait-il demandé à la source intarissable ? Quel allait être maintenant le châtiment pour son peuple en contrepartie de ce dernier vœu réalisé ?
À partir de cet incident, la vie à l'intérieur du labyrinthe changea diamétralement. Les Aldes, l'un après l'autre, s'arrêtèrent de travailler, se plaignant de fatigue chronique, de suffocation, et même parfois de fièvre. Il était rare de rencontrer quelqu'un en dehors des limites de la ville, tandis que celle-ci tombait dans un long sommeil maladif.
Il semblait que cet état ne finirait jamais, mais après quelques semaines seulement un second incident extraordinaire ébranla le peuple : des scarabées venimeux apparurent à Luafast. Avant que les habitants ne s'en rendent compte, chaque couloir de l'interminable labyrinthe s'était rempli de leurs corps sphériques, qui affluaient d'on ne sait où en un interminable flot crissant.
Lorsqu'un Alde désirait aller au puits ou au magasin le plus proche, les carapaces en chitine crissaient et se fendaient sous ses pas, projetant tout autour un liquide vert puant.
La reine Luaïa ne comprit pas tout de suite ce qui pouvait être à l'origine d'une telle invasion. La réponse vint quelques jours plus tard, quand les eaux des lacs souterrains sortirent de leurs lits et gagnèrent les maisons les plus éloignées. C'était donc cela qui faisait fuir les scarabées ! Ils fuyaient le déluge ! Mais qu'avait donc pu demander avant sa mort ce maudit conseiller ? Toutes les richesses du monde ne valaient pas la terreur que ressentaient les habitants des souterrains !
Les Aldes ramassèrent rapidement des vivres et quittèrent leurs maisons à la recherche d'un abri plus sûr, où ils pourraient attendre quelques jours. Mais les flots bouillonnants, noirs comme le goudron, semblèrent prendre vie, essayant de rattraper les fugitifs. Le niveau d'eau s'éleva tellement que, parmi les vagues déchaînées, on ne voyait plus que les toits des maisons. Tourbillonnant, soulevant une énorme écume, les vagues s'élancèrent pour s'écraser avec une force surnaturelle contre les parois de la caverne, anéantissant au passage la mélodie du chant des stalactites, puis se mirent à gonfler avec fureur, en hurlant et sifflant. La Coupe Sacrée brillait dans les mains de Luaïa, comme si elle triomphait. Le mal qu'elle avait créé remplissait le vide du déséquilibre des forces. A chaque fois qu'une vague emportait un Alde, la lueur de la Coupe devenait plus claire.
Presque tous les habitants de Luafast périrent ce jour-là. Les rares rescapés se pressaient sur une petite saillie rocheuse et attendaient avec un vain espoir que tôt ou tard l'eau commence à baisser. Ils saluèrent la nuit dans un silence de mort, pleurant à l'intérieur d'eux-mêmes leurs disparus et écoutant avec effroi le bruit rythmé des vagues.
Mais leurs malheurs n'en finissaient pas et, à minuit exactement, un puissant tremblement sortant du centre de la terre réveilla les Aldes fatigués. Une minute plus tard, des colonnes de poussière et d'éclats rocheux commencèrent à tomber du plafond, détruisant ce qui restait des maisonnettes et des belles statues en or. Progressivement, les éclats se transformèrent en grosses pierres, puis en énormes blocs, qui tombaient dans l'eau encore stagnante et déclenchaient des innombrables gerbes.
Les rares îlots de terre mouillée tremblèrent et gonflèrent, comme s'ils bouillaient, les parois du labyrinthe commencèrent à s'effiler, se couvrant de veines, de fissures, de tâches ou bien encore de brèches noires. Prenant son élan et se renforçant au fur et à mesure, la caverne commença à trembler, comme si elle se débarrassait de lourdes tumeurs dont elle avait assez et détruisait tout dans un accès de colère.
Les Aldes ne pouvaient fuir nulle part. Se tenant debout sur un recoin de la petite agora rocheuse, ils regardaient une dernière fois leur cité mourante et écoutaient les gémissements affligeants des stalactites-chanteurs. Et il n'y avait plus de place dans leurs cœurs pour la peur, car ils comprirent que l'inéluctable venait d'arriver. C'était le prix à payer pour leur erreur.
Dans un des recoins de la caverne, le saint-artefact explosa d'une flamme vive, éclairant une dernière fois de ses étincelles la caverne qui s'en allait vers le néant. L'équilibre des forces fut rétabli.
Les bardes écrivirent de nombreuses légendes, en les consacrant à l'énorme labyrinthe souterrain qui avait enseveli tout un peuple. A peine créées, elles circulaient dans les petits villages et les grandes cités, s'enrichissant à chaque étape de nouveaux détails et couleurs.
Et quelque part là-bas, profondément enfouis sous la terre, des coupes étincelantes, des cristaux d'une pureté alléchante et des diadèmes ornés d'émeraudes attendent leurs nouveaux propriétaires. En plein milieu de ce gigantesque cimetière, repose, ensevelie sous les ossements, La Coupe Sacrée. Viendra le jour, où un nouvel hardi, se prenant pour un mage, osera tendre sa main vers sa force destructrice, pour que l'histoire puisse de nouveau refaire un tour, continuant ainsi son cycle éternel.

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mardi 15 janvier 2013, 00:42

Tu as entre les mains une page du livre « Tout sur les magiciennes ». Écoute-moi bien, guerrier, et essaie de comprendre mes paroles.

Le jardin enchanté.

…Velveine, le sourire aux lèvres, faisait, une fois de plus, le tour de son domaine. Ce merveilleux jardin de fleurs, dont elle était la légitime propriétaire, elle le considérait comme son plus grand succès, sa fierté et sa richesse. Ne disposant que de pouvoirs magiques Élémentals, Velveine était considérée comme une magicienne de seconde classe et on ne la sollicitait que pour faire des produits de masse ou pour l'envoûtement du « Cercle de Sorcières », pendant lequel les magiciennes se prennent par les mains et font une chaîne pour transmettre leur énergie à la plus forte d'entre elles. Cependant, la fille qui jugeait objectivement ses capacités, s'était engagée dans quelque chose qui non seulement fut à son goût, mais qui lui garantissait aussi une bonne position dans le monde des serviteurs de la magie. Elle avait beaucoup voyagé dans différents mondes et pays, elle avait poursuivi des études et cueilli des herbes et diverses fleurs magiques, elle avait étudié chez différents guérisseurs et herboristes, pour en fin de compte créer son propre jardin.
C'était un jardin inhabituel, dans lequel il n'y avait pas de place pour des fleurs dont l'unique fonction aurait été d'embellir ce monde. Toutes les plantes soignées par les bonnes mains de Velveine se caractérisaient par leurs propriétés prodigieuses. Le Véritus rose pâle pouvait facilement démasquer le mensonge de toute créature. Il virait bleu ciel ou rouge sang, confirmant ainsi les bonnes intentions de l'interlocuteur ou, au contraire, démontrant son hypocrisie et sa fausseté.
La modeste Bellèze blanche et bleue pouvait transformer chaque fille en vraie beauté – il suffisait de placer la fleur dans ses cheveux. L'aromatique Anémore noire de velours brouillait l'esprit de l'adversaire en le privant de ses souvenirs. Les soins de certaines plantes dangereuses de Velveine nécessitaient un équipement spécial. Sans les obligatoires Négateurs d'Unarius, la magicienne ne s'approchait pas de la Fleur de chagrin, prête à aspirer en un clin d'œil toute la force de sa victime. Cet artefact aidait aussi lorsque l'on s'occupait du Feufollet – une petite fleur rouge vif, dont les pétales brûlaient les mains comme des langues de feu.
Mais, pour Velveine, les « locataires » favoris de son orangerie étaient les fleurs d'ambiance. Le Fanfan bariolé absorbait tout chagrin, restituant, en échange, une énergie de joie et de la bonne humeur. Le Birbère, froid, littéralement mort, au contraire, atténuait l'excès d'émotions en versant de la mélancolie dans l'âme.
Le jardin enchanté de Velveine attirait une foule de gens, et on n'évitait à peine tous ces personnes désireuses d'acheter telle ou telle plante magique.
Parmi les chevaliers errants, la plante la plus populaire était Phéréïa, une herbe aromatique aux fleurs en forme de clochettes dorées. Elle montrait le bon chemin aux voyageurs, en les prévenant des dangers. Et si dans la forêt, les oreilles de Velveine perçoivent un son qui ressemble au tintement des clochettes, elle sourit, car elle sait que c'est Phéréïa qui protège son propriétaire…

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mardi 15 janvier 2013, 00:43

Tu as entre tes mains des documents concernant l'enquête menée par un mercenaire du clan des « Rôdeurs de la nuit » dans l'affaire de la disparition du magicien Unarius, PARTIE I.
Écoute-moi attentivement, guerrier et essaye de comprendre mes paroles.

Aujourd'hui, dans l'Anse Morte, le clan des « Rôdeurs de la nuit » a reçu une commande pour mener une enquête concernant la disparition d'Unarius, un des plus grands magiciens. On m'a confié cette enquête, et pour être franc, c'est moi qui me suis porté volontaire, car l'opération s'annonce intéressante. Toutes les pièces concernant cette affaire seront jointes aux dossiers ; quant à moi, je ferai des notes que je transmettrai à l'homme qui m'a engagé. Il y n'a pas longtemps, le Monde de Féo fut ébranlé par la terrible nouvelle de la mort du magicien. Mon client a cependant de fortes raisons de soupçonner qu'Unarius se cache quelque part et qu'il a lui-même préparé la mise en scène de sa mort : il est en effet peu probable qu'un aussi puissant magicien puisse disparaître sans laisser de traces. Mon client a exprimé sa volonté de rester anonyme, son nom ne sera donc mentionné dans aucun des documents. Je tiens à faire remarquer qu'il souhaiterait vivement, que l'on puisse déterminer aussi vite que possible le lieu de résidence du magicien, car il veut connaître le secret de la technologie liée au mode de fonctionnement des négateurs. Il sera alors possible de créer dans leur base une arme redoutable servant à disperser la magie de l'ennemi en cours de combat ! Cette arme serait capable de priver les magiciens ennemis de leur pouvoir magique. On peut imaginer quel avantage aurait alors son propriétaire, quel adversaire puissant il deviendrait ! C'est dans ce but que mon client avait besoin du grand mage, car Unarius était le seul à connaître le secret de la création des négateurs et par conséquent il était aussi le seul à pouvoir venir à bout de la technologie de l'antimagie, rendant ainsi invulnérable l'armée toute entière. La commande était accompagnée d'une bourse d'or comme acompte, le restant de la somme serait versé après réception du rapport signalant l'accomplissement de la mission. Le client s'est engagé à couvrir tous les frais liés à l'enquête ainsi que ceux qui se présenteraient pendant le déroulement de celle-ci. Je suis prêt à commencer immédiatement la réalisation de cette mission.
L'enquête envisagée me paraît comme assez compliquée, car le magicien qui vient subitement de disparaître est un personnage mystérieux. C'est l'un des plus grands et plus puissants mages du Monde de Féo, un inventeur de talent. Il est l'auteur d'inventions remarquables, parmi lesquelles on peut citer les inégalés négateurs, ainsi que le parchemin du temps, convoité par nombre de personnes. Unarius avait plusieurs disciples, dont l'un de ses plus proches confidents était le Nécromancien, connu pour ses penchants pour la magie noire. Il menait une vie d'ermite, évitant un contact direct avec les habitants du monde. Il passait beaucoup de temps dans la solitude, seul avec ses livres et parchemins magiques. Il est difficile de trouver un magicien comparable à lui concernant le pouvoir magique ou l'ingéniosité. Ce sont là tous les détails dont je dispose, je débuterai l'enquête avec les premières lueurs de Mirrou. Tout ce que je verrai ou entendrai sera noté. Pour commencer, je dois examiner les lieux du crime, où précisément je suis en train de me rendre… Le document contenant les notes de cet examen a été joint au dossier.
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Examen des lieux du crime
Selon les données dont on dispose, c'est la zone déserte d'Allaïas qui doit être considérée comme lieu du crime, car c'est précisément là qu'Unarius a été vu pour la dernière fois. J'y suis arrivé à midi. Un examen préliminaire a livré les détails suivants. Sur le sol, on aperçoit un pentagramme fait de galets lisses. Chacun de ses sommets a été marqué d'un bloc qui se démarquait des autres par sa taille. Sur les pierres, j'ai pu voir des contours flous de symboles qui y étaient gravés. Sur un des blocs, couvert de mousse, j'ai découvert un dessin représentant un chêne – l'arbre. Sur un second – une salamandre qui symbolise le feu. Il faut souligner que ce même bloc est couvert de suie, comme s'il avait été brûlé. Sur le troisième bloc on voit la forme d'une pièce de monnaie – le métal. Sur le sommet suivant, maculé d'argile, se trouve une trace de pied – la terre. Et enfin, sur le dernier bloc on voit des traces de flaques d'eau évaporée. Les gouttes qui y sont gravées symbolisent l'eau. J'ai été sérieusement choqué par ce que j'ai vu ! Le savoir que m'a transmis mon mentor, ainsi que les informations obtenues de la part du client éclaircissent cette image : les éléments du pentagramme représentent les influences mutuelles entre tous les objets et phénomènes existants : l'arbre donne vie au feu, le feu donne vie à la terre, la terre donne vie au métal, le métal donne vie à l'eau et l'eau donne vie à l'arbre, l'herbe au centre du pentagramme était piétinée et la terre labourée de nombreux sillons et trous. J'ai aussi trouvé des fragments de peau et de papier jauni à cause de l'humidité. D'après ce que j'ai vu, je peux conclure que le mage s'adonnait en ce lieu désert à un rituel magique, dont le but reste inconnu pour le moment. Cependant, une chose est claire : ce rituel a un lien direct avec la mort, ou plutôt, selon mes données, la disparition d'Unarius, il faudra donc apprendre le plus de choses possibles sur lui. Je n'ai rien pu trouver d'autre sur place, car les vents et les pluies diluviennes ont pratiquement effacé toutes les traces, détruisant toutes les preuves.
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Je n'ai malheureusement pas accès aux livres magiques, mais même si je réussissais à me les procurer pour quelque temps, je doute de pouvoir déchiffrer les langues antiques dans lesquelles la majorité de ces livres ont été écrits. J'ai interrogé tous ceux qui avaient des liens quelconques avec Unarius, mais ça ne m'a mené à rien. Le magicien se tenait à l'écart, ne mettant personne au courant de ses projets. C'est pour cette raison que la seule solution sensée était d'interroger les témoins oculaires du crime, lors de cette nuit cauchemardesque, dans la zone déserte d'Allaïas. Je joins mes notes au dossier. À ce moment-là, j'avais l'impression que les fils commençaient à se démêler, des nouveaux faits sont apparus, qui ont révélé de nouveaux détails de ce mystérieux événement…

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mardi 15 janvier 2013, 00:44

Tu as entre tes mains des documents concernant l'enquête menée par un mercenaire du clan des « Rôdeurs de la nuit » dans l'affaire de la disparition du magicien Unarius, PARTIE II.
Écoute-moi attentivement, guerrier et essaye de comprendre mes paroles.

Interrogatoire des témoins et des témoins oculaires dans l'affaire du Mage Unarius
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Dépositions de Félonius le paysan, prises et notées sur papier exactement selon ses paroles

« Ce jour maudit, depuis le matin, j'étais occupé à aiguiser le soc de ma charrue. Le temps se gâtait et moi, vous savez, je devais labourer le champ voisin. J'ai pensé que je n'y arriverais pas avant la pluie, pas moyen. Et là, j'ai vu courir ce petit vieux. Moi, à vrai dire, je ne l'ai pas reconnu tout de suite, il courait trop vite. Et, chose curieuse, il marmonnait quelque chose en courant, oui, exactement, il disait quelque chose sur un homme de terre. Guélen, galum, golem… comment il l'appelait déjà ? Et là, je me suis fourré en plein dedans ! Depuis tout gosse déjà, j'étais curieux comme tout. Alors, je lui ai couru après, direct vers la zone déserte. Et le magicien ne voyait personne, tout concentré sur lui-même, complètement fou… C'est à cause de ça qu'il a du laisser tomber ses petits bouts de papier. Alors, je me dis, je vais les prendre, ça peut toujours servir… Je les ai fourrés sous ma chemise et j'ai décampé. Je suis arrivé à la maison en courant, il pleuvait, enfin bref, j'en ai oublié la trouvaille que j'avais sur moi. Et quand je me suis mis à ranger mes outils dans le réduit, ma chemise était toute trempée, juste bonne à essorer. Après, à la maison, j'ai sorti les feuilles, mais l'encre avait coulé de partout et certaines étaient si mouillées qu'elles se déchiraient au toucher. Il n'y a que quelques bribes qui se sont conservés, les lettres ont parfois coulé et en plus les gribouillages du magicien sont difficiles à déchiffrer. Il s'exprime savamment, pas comme chez nous… »…
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Le paysan Félonius m'a donné les morceaux des feuilles qui, après un examen minutieux, se sont avérées être des notes du journal personnel du mage Unarius. Elles n'ont cependant projeté aucune lumière sur les événements de cette nuit pluvieuse, mais au contraire, elles m'ont encore plus confondu. Il est possible qu'elles ne servent à rien ! Pour le moment, on ne sait absolument pas de quoi elles parlent, ce qu'a pu décrire le magicien. Je joins ces fragments ci-dessous. /Il est impossible de lire à certains endroits, mais le sens général est clair !
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Fragments conservés du journal personnel du magicien Unarius
Premier fragment
Ce monde s'appelle Dantar. Je suis prêt à m'incliner devant son inimaginable force et beauté. Mes intentions, en tant que chercheur, sont sérieuses et honnêtes, pour l'instant je n'ose pas me mêler au cours du temps de ce monde. À la première rencontre, une merveille incroyable s'offrit à mes yeux ! Des murs noirs en pierre de taille se dressaient devant moi, tandis que le sommet du temple touchait le ciel. Des bruits m'arrivèrent, comme quoi les antiques armes qui se trouvaient dans ce bâtiment avaient regagné leur puissance, comme…
Des races étranges habitent Dantar, elles se combattent, sèment la discorde et portent la guerre. Elles diffèrent par leur aspect et leurs idées. Certaines m'ont dégouté : leurs corps pourrissants puaient, leur laideur était sans doute capable d'éclipser celle des créatures du Chaos. Les deuxièmes ont charmé mes yeux, passant comme le vent, dans toute leur splendeur sur leurs chevaux ailés. Les troisièmes ont choqué mon esprit par leur mélange…
Le Mal et le Bien ne peuvent vivre côte à côte, chaque race se penche vers un élément primitif défini : obscur ou clair. Et c'est avec eux qu'était entièrement bâti cet autre monde-là. La force des éléments primitifs se trouve au Cœur de Dantar qui est en même temps son intérieur. L'énorme énergie qui se cache dans cette pierre magique, je ne peux ne pas rac…

Second fragment
L'idée de créer un géant à l'image de l'homme, frappant l'ennemi, ne me quitte pas. Le livre magique me donne un savoir puissant, et mon esprit n'est pas perturbé par le doute si je suis capable de créer un golem. A l'aide de l'acte magique, il naîtra de terre et d'argile, pour…...
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Le journal d'Unarius assombrit encore plus l'image, car je ne suis pas en état de déterminer, quel est son lien avec le rituel de la zone déserte d'Allaïas. Il en découle, que le magicien avait visité ce mystérieux monde inconnu. Mais de quelle manière ? Il se peut que ce soit lié avec le parchemin magique qu'il avait inventé et qui permettait de se déplacer dans le temps. Peut-on supposer que ces races peuplaient notre monde avant nous ? Le magicien était-il devenu fou, comme beaucoup le prétendent ? J'ai décidé d'interroger le Nécromancien sur le Parchemin du Temps. Il était un des élèves les plus proches d'Unarius, il peut en savoir beaucoup !
Je joins la feuille, sur laquelle j'ai noté le sens général de mon entretien avec le Nécromancien.
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Informations, que j'ai obtenues lors de mon entretien avec le Nécromancien sur le Parchemin du Temps
Le parchemin magique avait été crée par Unarius pour réaliser des voyages dans le temps. Il permet de former un portail et on peut alors se déplacer quelques centaines d'années en arrière, être témoin de grands événements de l'histoire du Monde de Féo. Ça faisait longtemps déjà que le magicien rêvait de réaliser ce rêve, et lorsqu'il y parvint, il en fut au début complètement absorbé. Il n'arrivait plus à parler d'autre chose que de Dantar, mais il ne disait rien du golem… Le Nécromancien ne sait rien là-dessus. Pour utiliser le parchemin et voyager dans le temps, il ne faut rien faire de compliqué. Le Mage Sombre affirme, en se basant sur le fait que dans le rituel on a utilisé beaucoup de symboles d'influences mutuelles des éléments, qu'il s'agit d'un rituel antique, dont Unarius a pris connaissance lors de ses voyages dans le temps. J'ai aussi appris une autre chose très intéressante ! Un des livres magiques, contenant des descriptions d'élixirs et de rituels magiques, raconte la cérémonie du pentagramme et de la salamandre. Ces rituels sont très rares. L'auteur de ce livre est un magicien qui a été privé de ses pouvoirs magiques il y a 500 ans. Il est probable que c'est en bénéficiant de son aide qu'Unarius a célébré le rituel, l'autre nuit. Le Nécromancien ne doute pas de la mort d'Unarius. Les rituels d'influences mutuelles sont très dangereux, chaque magicien sait qu'ils peuvent mener à la mort. Un des effets secondaires peut être la possibilité de perte des pouvoirs magiques, ce qui arriva cinq siècles auparavant à l'autre magicien. Une certaine Galendia, sa lointaine parente (ayant perdu ses forces, il est mort comme un homme normal), est en possession de ses notes…...
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Je commence à être convaincu que le clou du problème repose dans ce rituel magique et que ce n'est qu'en résolvant son mystère que l'on pourra dire ce qu'est devenu Unarius. Il ressort clairement de mon entretien avec le Mage Sombre qu'il faut sans tarder parler avec Galendia et obtenir son accord de lire les notes du magicien déchu. Ce qui m'étonne, c'est que le Nécromancien soit persuadé de la mort de son maître… Je me rends à la cité, chez la parente du magicien… Il se peut que la solution soit déjà proche !

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mardi 15 janvier 2013, 00:45

Tu as entre tes mains des documents concernant l'enquête menée par un mercenaire du clan des « Rôdeurs de la nuit » dans l'affaire de la disparition du magicien Unarius, PARTIE III.
Écoute-moi attentivement, guerrier et essaye de comprendre mes paroles.

La fille était assez jeune et connue pour sa piété et son humilité. La famille de Galendia avait ses origines dans les temps les plus anciens et comptait parmi les familles les plus respectées de la cité. Depuis des siècles, on s'y transmettait de génération en génération les parchemins avec les notes de l'aïeul qui s'occupait de magie. Il n'en restait, hélas, que trop peu, le magicien ayant détruit, peu avant sa mort, la majorité de ses écrits. La demoiselle me raconta la légende familiale sur un vieillard, qui, comme je le soupçonne, pouvait être Unarius. Pour ne perdre aucun détail, j'ai noté cette légende mot à mot, comme me l'avait dictée Galendia.
Une feuille avec l'histoire de la famille de mademoiselle Galendia est jointe au dossier.
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Histoire sur l'hôte mystérieux
Mon aïeul était un magicien, un des maîtres les plus doués pour la préparation des élixirs. Il connaissait énormément de recettes compliquées, qu'il notait dans un énorme livre magique. Depuis les temps antiques les livres magiques sont écrits dans une langue connue uniquement des magiciens. Actuellement, on ne respecte pas toujours cette règle, mais à l'époque on respectait les coutumes. Zarakés, car c'est ainsi qu'on appelait mon aïeul, s'intéressait aux rituels dangereux faisant appel aux salamandres – des reptiles similaires aux lézards qui vivaient dans le feu. Les salamandres sont indissociablement liées à cet élément, c'est pourquoi même l'utilisation de leur image est très risquée. Une mauvaise interprétation et une célébration trop hâtive du rituel d'influence mutuelle ont dépourvu Zarakés de ses pouvoirs magiques. La seule chose qui le reliait encore au monde de la magie était de savoir lire et écrire en langue des mages. Et voilà qu'un jour, lorsqu'il était en train de décrire un des rituels, on frappa à la porte de sa cellule. Après avoir ouvert la porte, le magicien vit un vieillard aux cheveux blancs, et des yeux dont émanait la sagesse. L'inconnu lui dit qu'il était venu de loin et qu'il voulait consulter son livre magique. Zarakés sentit immédiatement l'énergie qui émanait de l'inconnu, il ne lui posa donc aucune question. Sachant bien que seul un mage pouvait lire le livre, le magicien l'ouvrit devant son hôte. Celui-ci passa toute la journée plongé dans sa lecture, puis il remercia le mage et sortit. Après quelques jours, en regardant le livre, mon aïeul vit des dessins étranges dans les marges. Il savait qui les avait laissés, il connaissait aussi leur signification ! Ils représentaient l'élément dont la mauvaise représentation l'avait privé de tout : ce n'était pas une poignée de terre qui devait couronner le bloc du pentagramme, mais la trace du pied qui l'avait touché ! Il se jeta sur ses notes, y esquissa quelque chose… Dans un accès de colère et de désespoir il arracha les pages du livre magique et les jeta au feu, puis il saisit une pile de rouleaux et les mis aussi au feu ! Jusqu'à la fin de sa vie, il ne toucha plus aux notes ni à la bibliothèque magique…
En fait, je n'avais plus aucun doute que le mystérieux hôte était le magicien que je recherchais. Unarius s'était rendu dans le passé pour se renseigner sur le rituel d'influence mutuelle, qui avait été arraché du livre. Et il réussit !
J'étais très étonné que Galendia accepte avec joie ma demande d'examiner les notes de Zarakés. Elle se réjouissait qu'elles puissent enfin servir à quelqu'un. Elle me permit de les emporter pour un court délai, contre ma promesse de les manier avec précaution. Quel n'était pas mon étonnement, lorsque j'y découvris la description d'une cérémonie similaire à celle menée par Unarius ! À en juger par les dessins du vieillard et de la cérémonie du pentagramme, le magicien déchu avait rendu l'ordre des gestes avec exactitude, et par la même occasion découvrant avant moi le secret du rituel !
Je ne l'ai pas recopié en détails, me concentrant uniquement sur les moments les plus importants et sur le plus important – son but !
Je joins au dossier une feuille avec les fragments des notes du magicien que j'ai recopiés.
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Rituel de l'influence mutuelle des éléments
…Et lorsque tous les éléments seront réunis ensemble, la chaîne se fermera ! Le chêne se couvrira de mousse douillette, la salamandre gagnera une maison flamboyante, de l'eau pure jaillira de la pierre, la trace du pied se couvrira de glaise brune et la monnaie de cuivre se transformera en or ! Et le centre du pentagramme s'éclairera d'une lumière étincelante ! Et les traces de ces actions ne seront effacées ni par le vent, ni par la pluie…
…Et si on pouvait créer quelque chose pour voyager dans le temps et employer cet artefact au moment de l'union des éléments dans le pentagramme, pendant un instant s'ouvrirait alors un portail interdimensionnel ! Et devant vos yeux apparaîtra le chemin vers d'autres mondes !...
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Enfin, tout est clair ! Le rituel, célébré par cette nuit pluvieuse durant laquelle disparut Unarius, servait à voyager dans le temps ! Si on met ensemble toutes les informations que j'ai obtenues pendant mon enquête : l'examen des lieux du crime, l'interrogatoire des témoins, les documents trouvés, on obtient une image claire de ce qui s'était passé. Le magicien Unarius n'est effectivement pas mort ! Il existe des preuves inéluctables du fait que le mage a quitté le Monde de Féo, passant par le portail vers un autre monde. À la fin de mon rapport, je peux conclure mon travail et reconstituer avec précision l'image qui accompagnait le voyage dans l'espace.
Alors… Le magicien a toujours désiré de nouveaux savoirs. Après avoir soumis le temps, il consacra toute son énergie au secret de l'illusion de l'espace. Unarius étudia tous les livres et documents possibles et comprit qu'il était indispensable de relier le contour temporel avec le tableau de l'être. Apprenant que le secret de l'antique rituel de l'influence mutuelle avait été perdu, il se décida à partir vers le passé chez un magicien connu pour acquérir la connaissance de cette cérémonie. Grâce au parchemin qu'il avait inventé, les limites du temps n'existaient pas pour lui ! L'antique livre magique et Zakarés l'aident à comprendre le principe de son fonctionnement, mais il manque un point dans la description, que le magicien déchu n'est pas arrivé à deviner. Unarius découvre facilement le chainon manquant et le dessine même par hasard sur les pages du livre magique que Zakarés, fou de rage, déchire par la suite. De retour vers ses temps, le grand mage réalise son premier voyage dans l'espace et arrive probablement dans un monde appelé Dantar. On ne peut que deviner combien de fois Unarius avait fait son voyage aller-retour. Il a probablement décidé de s'établir sur Dantar. Le jour de sa disparition, le magicien se dépêcha à cause de la pluie qui aurait pu empêcher le déroulement de la cérémonie. Cependant la téléportation a eu lieu, comme l'indiquent clairement les traces sur les blocs, découvertes lors de l'examen des lieux dans la zone déserte d'Allaïs.
L'enquête peut donc être considérée comme close. J'ai démontré sans aucun doute qu'Unarius s'est téléporté vers un autre monde. Trouver ce monde, sans le savoir d'Unarius et sans ses inventions, est actuellement impossible. Pour cette raison je clos l'affaire. Après le versement de la somme due, tous les matériaux seront transmis au client.

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mardi 15 janvier 2013, 00:46

Tu as entre tes mains un fragment des chroniques de La Confrérie de la Vertu, écrites depuis sa fondation. Écoute-moi bien, guerrier et essaye de comprendre chacune de mes paroles.

Jadis, il y a très longtemps, quand passa le trois-cent-huitième jour de la venue de Chéara, notre cloître reçut un novice. Il venait de loin, son esprit jeune et curieux gagna notre bienveillance, et la bonté de son cœur dissipa les éventuels doutes quant au bien-fondé de notre décision. Nous avons partagé notre gîte et notre pain avec lui, et il nous le rendait par son obéissance et son humilité. Le novice s'appelait Mamaluq et ce nom, comme il s'est avéré par la suite, lui allait à merveille, car c'est ainsi que dans les temps anciens on appelait ceux, dans l'âme desquels pouvaient naître la vanité et le superbe. Bon élève, il maîtrisa assez rapidement tous les manuscrits indispensables, étudia les écrits antiques. Les souffrants venaient solliciter son aide, car il ne refusait jamais à personne, ni le parchemin de bénédiction, ni la bonne parole. Mamaluq savait tout sur les maladies causées par les sortilèges et il semblait qu'il avait été béni par le saint feu lui-même. Nous consacrons toutes nos forces pour que le bien et la justice règnent dans le monde, appelant à la charité et la patience vis-à-vis du prochain. Mamaluq est devenu, à raison, une part de notre cause. Il participait aux réunions de la Confrérie, on écoutait son avis, car il était un maître bon et expérimenté. La seule chose qui nous tourmentait, c'était le fait que frère Mamaluq voulait tirer profit de tout. Plus d'une fois, par ses discours enflammés et son regard flamboyant, il essayait de nous convaincre que la vente des bénédictions profiterait plus à la Confrérie et qu'en les distribuant à gauche et à droite, nous empêcherions la Confrérie de devenir une organisation puissante. Cette idée ne le quittait pas. De cette façon, il sapait nos principes séculaires, car c'est justement la bonne parole qui est notre meilleure récompense. Mais nous ne faisions pas attention à ses discours, car ses mérites étaient indiscutables et il remplissait honnêtement ses devoirs. Si nous pouvions imaginer à l'époque… Cependant, nous remarquâmes une chose triste : Mamaluq disparaissait quelque part pour des journées entières, sa cellule restait vide. Et lorsqu'il revenait, il déambulait dans les couloirs étroits, plus sombre qu'un nuage orageux ; il était devenu sournois, ne voulait parler à personne. Le soir, quand il se heurta dans une porte au frère Sineago, un rubis, écarlate et brillant, tomba d'en-dessous de son habit. Sineago était à moitié aveugle, mais il ne pouvait pas ne pas apercevoir un tel éclat de lumière. Et alors nous apprîmes la terrible vérité ! Mamaluq écarta ses mains, ricana et cria tout ce qui tourmentait son âme. Il nous traita de bande d'aveugles et d'idiots, condamnés à rester dans la pauvreté jusqu'à la fin de nos jours. Il dit qu'il ne veut plus errer sans un sou, alors que les gens sont prêts à payer en or et en diamants pour son savoir et son aide et qu'il ne veut plus gaspiller ses talents. Sur ces mots, il nous quitta. Il n'y eut personne pour le retenir, d'ailleurs personne n'y serait parvenu. Et quelques jours plus tard des choses étranges commencèrent à se passer dans le Monde de Féo. De plus en plus souvent, des guerriers venaient nous reprocher que la magie de l'apotropée ne les protégeait plus contre les malédictions car elle avait perdu sa force. Nous étions abasourdis. Se perdant en conjectures, nous attendions des nouvelles qui, effectivement arrivèrent, mais pas de là d'où nous les attendions. Une guerrière mourante nous raconta un combat sanglant qui s'était déroulé près des buissons de stramoine : lorsque la bataille semblait déjà gagnée, arriva un homme pas très grand, avec des cheveux qui flottaient au vent. Il leva au-dessus de sa tête un mystérieux bâton et il dissipa tous les sortilèges de protection que la Confrérie leur avait offerts. Dans ses yeux luisaient des étincelles de vanité ! Nous n'en croyions pas nos oreilles : un seul homme correspondait à cette description !
La nouvelle de la trahison de Mamaluq nous pesa dans les cœurs telle une lourde pierre, elle les transperça comme une flèche enflammée et les réduisit en cendres. Nous nous souvînmes de ses mots d'adieux et nous baissâmes les têtes. Succombant à la tentation, dans sa quête infinie du pouvoir et des richesses, Mamaluq avait trahi les idéaux de la Confrérie et était passé du côté de nos ennemis maudits. Tous les secrets auxquels il avait accès furent livrés aux mains des Semeurs du Mal. Ces derniers, comme nous l'avons appris plus tard, cherchaient depuis longtemps parmi nous un homme avide et orgueilleux, quelqu'un qui succomberait aux charmes de l'argent et qui ferait tout pour améliorer son auto-estimation. Ce serait une dure épreuve pour chacun, et Mamaluq s'avéra être faible d'esprit. Mais c'est le résultat de l'acte de la trahison odieuse qui fut le plus terrible : pour accéder aux faveurs des lanceurs des malédictions, pour gagner leur confiance, il créa un bâton de combat qui permettait de dissiper toute magie de la Confrérie de la Vertu. Mamaluq a mis dans les mains de l'ennemi une arme mortelle. Mais nous ne nous rendîmes pas. Le monde ne touche pas encore à sa fin et notre mission, consistant à propager le Bien et la sagesse à Féo ainsi qu'à enrichir l'esprit de ses habitants par la patience, est encore plus noble et précieuse.

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mardi 15 janvier 2013, 00:47

Tu as entre tes mains un fragment du grand livre des prédictions et des prophéties. Écoute-moi bien, guerrier et essaye de comprendre chacune de mes paroles.

Jadis, il y a plusieurs siècles, l'apprenti d'un grand mage reçut, de la part de son maître, une mission pas facile : créer un objet qui réaliserait chaque vœu. C'est ainsi qu'apparut le dzoungo, un casse-tête ingénieux, dont le nom, traduit d'un des dialectes antiques signifiait « celui qui donne la réponse ». Il savait répondre à chaque question de son propriétaire, mais à condition que ce dernier sache la poser. Le jeune apprenti étant très doué, le casse-tête lui réussit à merveille. La solution n'était pas à la portée de tout le monde, et ceux qui le réussissaient, ne s'en trouvaient pas toujours réconfortés…
L'artefact lui-même était une sorte de puzzle tridimensionnel, composé de 26 figurines minuscules qui pouvaient pivoter autour d'axes invisibles de l'extérieur. Chacune des neuf figurines sur un côté défini du dé symbolisait une émotion concrète. Pratiquement chaque créature vivante est capable de ressentir la joie, la tristesse, la colère, la peur, l'étonnement, la curiosité, la compassion, la honte et l'amour. Les révolutions des facettes du dzoungo permettaient d'ordonner les figurines de nombreuses manières différentes. La solution du casse-tête ne pouvait se faire que par une manipulation des facettes du dzoungo, de manière que chacune soit composée de figurines représentant la même émotion. Mais il n'était pas si facile de résoudre le dzoungo. Tout le monde n'était pas capable de découvrir son secret. En fait, chacune des émotions était spécifique et unique en son genre et, de plus, certaines ne voulaient même pas se trouver dans le voisinage de certaines autres. La figurine de la tristesse ne se mettrait jamais à côté de la joie, la compassion ne se tournerait pas vers la colère… Mais si tu avais réussi à vaincre le dzoungo, il te dévoilerait son secret ! Tu pourrais lui poser n'importe quelle question et obtenir une réponse immédiate. Mais cela vaut-il la peine de jouer avec le sort, ce jeu est dangereux et pourrait t'apporter aussi bien de l'amertume que du bonheur. Le dzoungo met son propriétaire à l'épreuve, et telle une substance vivante, il naît de la chaleur du corps, il sent le battement du cœur et il l'accompagne. L'ingénieux artefact peut te forcer à ressentir l'émotion que tu avais choisie en dernier. Nombreux sont ceux qui ont essayé de résoudre le difficile casse-tête, mais il ne se rendit qu'aux rares d'entre eux. Toutes les questions valent-elles une réponse ? Parfois, il est mieux de ne pas savoir, car le dzoungo peut demander un prix trop élevé…

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mardi 15 janvier 2013, 00:48

Tu as entre tes mains un fragment du grand livre de sagesse de l'Élu Bassard. Écoute-moi attentivement, guerrier, et essaye de comprendre chacune de mes paroles.

Les Gardiens des Portes du Savoir
Les Légendaires Portes du Savoir se dressent aux pieds mêmes du Kourgane des Pleurs. Il n'est pas donné à tout le monde de les traverser, mais celui qui y réussit recevra la réponse à ses questions et sentira sur lui la main de la sagesse. Ça fait déjà plusieurs siècles que trois statues montent la garde devant les Portes, résistant aux vents et pluies. Aucun être vivant, aucun esprit ne passera entre ces gardiens. Muets sur leur poste éternel, ils défendent le grand secret des Portes, alors que jadis leurs corps étaient vivants…
Dans ces jours lointains et insouciants, dans les temps de grandeur du Saint Gou-outchar, sous l'œil vigilant des oiseaux Gour aux ailes noires, la paix régnait sur Féo. Trois bellissimes filles géantes apparurent sur les territoires du nouveau monde. Leur peau était blanche comme les nuages au-dessus du Temple des Elus. Sur leurs visages tranquilles on pouvait lire la sagesse, elles respiraient l'harmonie et elles semblaient avoir réponse à chaque question touchant à la vie. Les filles vivaient seules sur les terres de Féo, non loin des Portes du Savoir, qui dès le début avaient attiré leur attention. Quotidiennement, plusieurs heures par jour, elles inscrivaient quelque chose dans un rouleau infiniment long avec la plume aiguisée d'un oiseau inconnu. Lorsque la plume ne touchait pas le papier desséché pendant plus de quelques minutes, le rouleau se dissipait lentement dans l'air et disparaissait. C'était le manuscrit magique de ces géantes qui évitaient tout contact. Un jour, un des Élus est accidentellement tombé sur leur maison. Il n'a pas eu peur de leurs dimensions gigantesques. Charmé par leur grâce, il demanda l'autorisation de boire un peu d'eau dans la source qui jaillissait près de la maison puis leur dit au-revoir. Le jour suivant, le jeune sage décida de remercier les filles et il leur rendit visite de nouveau. N'ayant trouvé personne dans la maison, il s'apprêtait déjà à partir lorsqu'il vit une étrange plume, qui devait avoir sa taille. En la prenant, l'Élu sentit que la plume ne pesait pas plus que les pétales de ces fleurs étranges qui poussaient dans la Clairière de l'Oubli. L'extrémité duveteuse de la plume se cala doucement dans sa petite main, alors que la partie opposée s'appuya sur quelque chose de dur. Et à ce moment, un rouleau de papier d'une incroyable longueur commença à se matérialiser dans l'air. Le jeune homme n'en croyait pas ses yeux ! Il fut à peine remis de son ébahissement que les trois géantes firent irruption dans la maison. En se tenant la tête de colère, elles insultaient l'intrus dans un langage qui lui était inconnu. Une d'elles prit un élan et de son énorme main frappa l'Élu. La force du coup était telle que le malheureux quitta la vie pour toujours. C'était là le premier meurtre d'un Élu depuis le moment de leur création par le dieu Bolivakhar. Celui-ci apparut à l'instant même devant les filles désespérées. Pour les punir, il les changea en trois statues de pierre, sans les priver de parole, et il en fit les éternelles gardiennes des Portes du Savoir. À partir de ce jour, leurs silhouettes surplombent l'entrée du Monastère de la Sagesse, remplissant de terreur ceux qui veulent y entrer, car les trois filles sagaces préparent une épreuve pour chacun. Il n'est pas facile de gagner les faveurs des gardiennes en roche blanche et d'obtenir la clef des Portes. Pour attirer l'attention des fières géantes, il faut célébrer un rituel spécial, fait de révérences : il faut se courber jusqu'au sol un nombre de fois bien défini devant chacune des statues. Et ce n'est qu'après, que les gardiennes gigantesques permettent l'accès au trésor de sagesse, dont nous, les Élus, avons scellé l'entrée. Les Portes cachent le secret éternel du saint lieu du savoir. Et leurs réponses ont parfois une force extraordinaire, capable de régler non seulement des problèmes quotidiens, mais aussi le sort de nations entières.

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mardi 15 janvier 2013, 00:48

Tu as entre tes mains un fragment du livre des vestiges appartenant à l'antiquaire Menachem. Écoute-moi bien, guerrier et essaie de comprendre chacune de mes paroles.

Dans ces temps célèbres et lointains, quand la Fosse d'Elck respirait le calme et qu'il n'y avait pas de guerres qui tiraillaient le monde par leur cruauté, advint un événement qui bouscula la paisible vie de Gnomes travailleurs. Lors de son travail à l'extraction du minerai d'argent, le marteau d'un des Gnomes tomba sur quelque chose d'étrange. Des étincelles oranges jaillirent avec un sifflement strident et un son lourd remplit les labyrinthes à plafond bas de la caverne – l'outil de fer avait rencontré une paroi d'acier, derrière laquelle, à en juger par le son, il n'y avait rien. Il s'avéra qu'il s'agissait d'une porte bien massive, avec des écrits gravés dans une langue inconnue et couverte de rouille due à l'humidité des couloirs rocheux. Il semblait impossible de l'ouvrir : elle n'avait ni poignée, ni serrure. Chaque jour, au lever de Mirrou, les travailleurs Gnomes essayaient de la forcer. Et juste quand ils étaient sur le point d'abandonner, le dur acier se rendit : un petit trou aux bords irréguliers, comme arraché par les dents d'une bête énorme, s'ouvrait béant dans le couloir sombre. En quelques instants, il s'élargit à coups de haches et plusieurs Gnomes y pénétrèrent, torche en main. Un merveilleux tombeau s'offrit à leurs yeux, complètement recouvert d'une toile d'araignée argentée : au centre, sur un petit piédestal, se dressait un sarcophage en bois noir. Le bois sombre était parfaitement conservé, sans traces de temps ni de vermine souterraine. Le lourd couvercle ne voulait pas céder. Les Gnomes, tous en chœur, juraient en essayant de le faire bouger. Finalement, avec un long sifflement et un grincement sourd, le couvercle de bois glissa et tomba avec fracas sur le sol rocheux. Un écho retentit dans les couloirs, des cailloux tombèrent des parois antiques. À l'intérieur du sarcophage reposait, comme s'il était vivant, un magicien habillé de velours brodé d'or. Si les Gnomes connaissaient la langue antique, ils auraient pu, sans aucun problème, lire le texte écrit sur la porte, qui disait que dans le tombeau repose le corps d'un puissant magicien condamné à un oubli éternel pour ses mauvaises actions. Mais les vaillants mineurs ne savaient rien de tout ça. Ils comprenaient uniquement que le tombeau appartenait à un magicien, car dans l'air humide de la montagne aucun autre corps ne pourrait se conserver si bien. Ils ont décidé de ne toucher à rien, mais seulement de prendre une empreinte du visage du magicien, pour organiser une cérémonie et demander le pardon aux esprits pour avoir ouvert le sarcophage. Par précaution, l'entrée du tombeau fut murée. En rentrant à la Fosse d'Elck, les Gnomes remarquèrent que l'empreinte du visage avait considérablement changé. La bouche, dénaturément grande, s'élargit dans un sourire animal, des longs crocs lui poussèrent, tandis que ses grandes orbites oculaires vides s'ouvraient, béantes et sinistres, dans le visage défiguré par la douleur. Le Masque de la Peur, car c'était ainsi que les Gnomes appelèrent le moulage hideux, fut déposé dans la salle du trésor et attendait son heure avec impatience. Ses propriétés mystérieuses se manifestèrent pour la première fois lorsqu'un des gardiens, par mégarde, l'appliqua sur son visage. Au même moment, une image terrifiante apparut, celle d'un Gnome qui se noyait dans le cours d'une rivière. La vision était tellement claire et détaillée, qu'on aurait dit que tout se passait en réalité. Le gardien, tremblant de peur, dit que le masque infernal semblait deviner ses pensées, qu'il avait pris connaissance de sa plus grande peur et qu'il la lui montrait. C'est alors que l'on découvrit la force horrible du moulage ! Chaque personne qui l'essayait commençait à avoir des visions terribles et des cauchemars sur ce qu'elle craignait le plus. Certains voyaient des langues de feu rouges qui enveloppaient leur corps, d'autres – leur propre chute d'une grande hauteur sur des rochers pointus, d'autres encore – des monstres qui déchiquetaient leurs corps. Un nombre infini de différents types de mort apparaissait aux malheureux. Il semblait qu'une force invisible entrait dans leur subconscient et introduisait dans leur vie leurs pires cauchemars. L'artefact réveillait la peur chez les Gnomes, il les terrorisait. Il n'est donc pas étonnant qu'on décida de l'utiliser comme moyen de châtiment. Si le délit était léger, tel qu'une rixe d'ivrognes ou même un petit larcin, on appliquait le masque pour quelques minutes, voire quelques secondes. Et si quelqu'un méritait un châtiment plus sévère, on ligotait le fautif à une énorme planche, puis on lui attachait le masque au visage à l'aide de sangles en cuir, pour de longues heures, et parfois pour des journées entières. Certains ne tenaient pas le coup et mourraient d'un arrêt cardiaque, d'autres perdaient la raison. Le Masque de la Peur décidait du sort des malfaiteurs. Le magicien noir, bien qu'oublié, continuait à créer le mal, mais les sages Gnomes ont trouvé le moyen de le forger en bien. La grande force punitive du moulage permettait de maintenir l'équilibre dans la Fosse d'Elck. Mais la magie quitta le masque quand le dernier des petits ouvriers termina son existence dans le monde de Féo. Une foule de Humains et de Magmars, de magiciens et de voyants, essayaient de ressusciter la force qui dormait dans l'artefact gnoméen, mais jusqu'à maintenant personne n'y réussit. Malgré cela, beaucoup de gens croient que viendra encore le jour, où le Masque de la Peur gravera de nouveau la terreur sur le visage de celui qui oserait essayer le moule du visage du mauvais magicien.

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mardi 15 janvier 2013, 00:49

Tu as entre tes mains le récit d'un guerrier mort, un membre du commando secret de lutte contre le Chaos. Écoute-moi attentivement, guerrier, et essaie de comprendre chacune de mes paroles.

Je m'appelle Dzoungoss et j'appartiens à une famille magmare très ancienne. Comme neuf autres guerriers, je suis membre d'un commando d'élite de lutte contre le Chaos, créé pour accomplir une mission ultra-secrète. Après une sélection très pointue, notre groupe comptait aussi bien des Humains que des Magmars, nous sommes les meilleurs parmi les meilleurs. On nous a envoyés vers l'Ile de Fay-Go pour détruire les nids des profanateurs et étouffer le mal dans l'œuf. Comme l'avaient appris les organisateurs de la mission, ce sont justement les profanateurs qui s'occupent de la propagation du Chaos. Le plus souvent, ils adoptent la forme de vulgaires scarabées, mais de dimensions gigantesques. Les profanateurs préparent « un sol fertile » avant la venue des autres serviteurs du Chaos, ils infestent des territoires entiers pour semer le mal partout où ils le peuvent. En détruisant leur nid, nous éviterions une énorme tragédie. Personne ne savait rien de notre opération. On nous avait prévenus d'avance qu'en cas d'échec, tous les noms et tous les détails seront oubliés et toutes les pièces concernant cette affaire seraient effacées des pages de l'histoire. Mais nous étions prêts à nous sacrifier pour un but aussi important. Je suis le seul du commando à avoir survécu, mais mes jours sont comptés : une profonde blessure de la cage thoracique me rapproche de plus en plus du monde des morts. Je devrais raconter ce qui s'est passé, car ce que j'ai vu était incroyable… Voilà mon récit…
Nous arrivâmes sur Fay-Go quand les rayons de Mirrou nous brûlaient déjà impitoyablement. Nous décidâmes de laisser le bateau dans une petite crique, loin des regards des curieux. Nous partîmes vers l'intérieur de l'île, vers un terrier appelé Trou Noir, dans lequel, selon les calculs de ceux qui nous avaient envoyés, devait se trouver la tanière des profanateurs. La route ne devait pas nous prendre trop de temps, à condition qu'il n'arrive rien d'imprévu. Mais l'imprévu arriva. Notre venue avait du être aperçue, car tout à coup nous fûmes attaqués par tout un détachement de Gung-ho fous. Agitant des couperets énormes, couverts de sang séché comme d'une rouille, les monstres sanguinaires s'abattirent sur nous sans aucune pitié. L'air était secoué de sons indescriptibles, qui ressemblaient à des rugissements sourds. Nous nous battîmes sans relâche – notre excellente préparation portait ses fruits. Nous nous mîmes en formation, ce qui nous permettait non seulement de nous défendre mais aussi d'attaquer. Quand le dernier corps de Gung décapité tomba par terre, je regardai autour avec inquiétude. Tous étaient saufs, légèrement blessés et fatigués. Nous prîmes une demi-heure de repos pour repartir aussitôt vers notre but… Peu avant minuit, notre commando atteignit le Trou Noir, qui se trouvait à proximité des falaises verticales de la montagne. Les longues cordes triples, faites du meilleur pelage de Tigre béronien étaient capables de tenir le poids de plusieurs guerriers. Elles étaient couvertes de nœuds pour faciliter la descente et, en cas de réussite, l'escalade de retour. Après en avoir soigneusement fixé une extrémité, nous lançâmes la corde dans le terrier, puis, un par un, toutes les quelques minutes, nous commençâmes à descendre dans le gouffre noir. Lorsque les bottes souples de cuir du dernier guerrier touchèrent le sol au fond du terrier, nous nous regroupâmes et nous partîmes dans le labyrinthe de la caverne souterraine, sans oublier de faire des marques sur les parois. En regardant avec crainte autour de soi, chacun de nous essayait de trouver, dans ces passages qui se ressemblaient, quelques indications, quelques détails à garder en mémoire, pour pouvoir trouver le chemin du retour, au cas où quelqu'un se trouverait seul dans ces couloirs sombres. Nous nous déplacions avec précaution, essayant de faire le moins de bruit possible. La faible lueur de la torche nous éclairait à peine la route, mais une lumière plus forte aurait pu nous trahir. Il semblait que nous touchions au but : des murmures incompréhensibles arrivaient de plus en plus souvent à nos oreilles, des ombres gigantesques flottaient dans les labyrinthes. Soudain, un énorme scarabée nous coupa la route. Il semblait arriver de nulle part, comme s'il sortait du sol. C'était le premier profanateur que nous rencontrâmes. Il n'essayait pas de nous attaquer, mais semblait nous examiner en bougeant ses longues antennes. Au bout de quelques instants, son corps, couvert d'une épaisse cuirasse, se retourna et disparut dans un couloir perpendiculaire. Le profanateur se déplaçait assez agilement, on ne pouvait pas dire qu'il était poussif. Nous reprîmes le chemin, mais à peine eussions-nous fait quelques mètres que retentit le cri de Varl, l'homme qui marchait à la fin de notre groupe. Un spectacle terrifiant s'offrit à nos yeux : son corps disparaissait dans un trou en entonnoir, tiré avec une force inouïe. C'était incroyable, mais nous avions l'impression que le scarabée-éclaireur était là pour détourner notre attention, alors que d'autres étaient en train de creuser des passages exactement en-dessous de nous. Je sentis sous mes pieds des vibrations désagréables. Je les montrai à mes camarades et nous nous sommes tous mis à fuir à l'aveuglette à travers les couloirs obscurs. La terre s'ouvrit et deux autres guerriers ont disparu dans ses entrailles. Du coin de l'œil, je vis des mottes de terre et d'argile qui s'envolaient dans tous les sens derrière nous. Perforant le solide sol de terre, les hideux scarabées-profanateurs sortaient dehors. En un clin d'œil, ils remplirent entièrement le couloir en nous interdisant tout retrait. Courir à l'aveuglette était une bêtise, nous allumâmes donc encore plusieurs torches. L'étroit couloir nous mena vers une grande caverne aux multiples sorties. Nos torches éclairèrent le plafond et nous vîmes un spectacle dégoûtant ! Sur toutes les parois autour de nous, ainsi qu'au-dessus de nos têtes étaient suspendus des petits cocons oblongs. Ils étaient accrochés par un mucus immonde qui exhalait une odeur répugnante. Le sol entier était couvert, comme d'une écaille brune, de restes des cocons déchirés. A chaque moment on entendait un petit craquement et, par un petit orifice dans le cocon, sortait un petit, avec sa cuirasse translucide et pas encore durcie. Où courir ? Un de nous se jeta vers le couloir opposé, mais il s'arrêta brusquement et commença à reculer. Nous étions dans un piège ! Tous les couloirs étaient remplis de profanateurs, ils nous encerclaient de tous les côtés. Conformément à notre plan, nous devions faire sauter le nid de ces créatures à l'aide de la bombe magique qui était cachée dans le sac de toile que je portais sur mon dos. Le nid était découvert et il était temps de passer à l'action. Chacun de nous comprenait parfaitement bien que nos chemins de retrait étaient coupés et que nous allions donc mourir avec ces monstres. Cependant, nous ne prenions pas en compte un abandon de notre mission. Un combat contre ces innombrables scarabées n'avait aucun sens – nous n'étions plus que sept. Pendant ce temps, les scarabées-profanateurs nous avaient entourés d'un cercle encore plus hermétique. Je laissai tomber mon sac par terre, je défis les lacets et je sortis le lourd récipient en verre épais. Dans la capsule se trouvait quelque chose qui avait cette incroyable force destructrice, suffisante pour raser la caverne entière avec ses cocons et ses gardiens. J'ouvris doucement le couvercle et le concentré d'énergie, sous forme d'une boule étincelante, resta suspendu dans l'air. Un toucher et tout serait fini ! Mon sac contenait aussi une réserve, que je ne pouvais utiliser qu'en situation extrême. C'étaient des parchemins de téléportation, qui servaient à déplacer un Humain ou un Magmar d'un endroit à l'autre… On me les avait donnés dans un seul et unique but : indépendamment du résultat de notre mission, je devais m'enfuir et présenter un rapport. Je ne voulais pas laisser mes camarades, mais la mission était plus importante, trop dépendait de moi. Je les sortis et je me mis à lire lentement leur contenu… Je me suis réveillé dans une autre caverne, dont une des sorties, suite à l'explosion, était comblée. Je ne savais pas si c'était le Chaos qui avait affaibli la force du parchemin, ou si c'était moi qui n'avais pas lu le texte jusqu'à la fin, mais je me trouvais encore sous la terre. En me relevant et en appuyant sur la blessure qui saignait, je remarquai quelque chose qui me regardait dans l'obscurité. Depuis un coin éloigné de la caverne, m'observait, avec un calme froid, un profanateur gigantesque, dépassant tous ceux que j'avais vu jusqu'alors ! Une monstrueuse mère qui pondait ses œufs, dont sortaient ensuite les jeunes individus, la Mère qui donnait naissance aux descendants des futurs propagateurs du Chaos ! Nous avions détruit le nid, mais nous n'avions pas détruit celle qui pouvait créer des dizaines, voire des centaines de cocons similaires. Les scarabées nous avaient détournés vers la couveuse pour nous éloigner de la mère. Ce qui donnait naissance au mal était toujours en vie et moi, je n'étais plus en état de le détruire. Nos efforts furent-ils donc vains ? Qui portera cette information importante vers la surface…...

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mardi 15 janvier 2013, 00:50

Tu as entre tes mains le récit d'un guerrier magmare rescapé, écrit par lui-même après sa visite des salles du Tallaar.
Je suis vivant… Ça me semble incroyable… Aurais-je survécu au milieu de cette folie rageuse… Si ça dépendait de moi, je viderais ma mémoire de ces heures terribles et je ne me rappellerais plus cette folie, mais je dois tout noter, tant que les images sont encore si fraîches… Un jour, quelqu'un lira mon récit. Il est possible qu'il me prenne pour un fou, mais tout ceci est vrai, tout ceci m'est vraiment arrivé… Les notes sont saccadées, car c'est avec une peine énorme, en me battant avec moi-même, que j'écris cette histoire.
Je me suis réveillé gisant par terre, dans une pose incroyable, comme si on m'avait précipité d'une grande hauteur. Je frissonnais légèrement, tout mon corps était traversé de frissons, mais qui n'étaient pas dus au froid, à ce qu'il me semble… J'ai essayé de me lever, mais je suis retombé, sans forces, sur le sol. Mes habits étaient imbibés de quelque chose de visqueux, je transpirais, les gouttes de sueur coulaient sur mon visage, sur mon corps, en mouillant encore plus ma chemise déjà trempée. J'ai remarqué que je n'avais plus mon armure et… J'étais en sang, c'était ça, le liquide visqueux, du sang humain et … ô forces célestes ! J'ai aussi du sang magmare ! Notre lave, tu la reconnaîtras toujours. Elle est à moi ou… Des lambeaux de souvenirs traversaient mon esprit. Je tuais aussi bien les étrangers que les miens…
Ce furent mes premières pensées lorsque je me suis réveillé, battu et impuissant. Gisant par terre les yeux fermés, incapable de bouger, j'essayais de comprendre où j'étais. Mon œil droit était complètement gonflé, j'ai essayé de l'ouvrir mais sans succès, la peau autour était tuméfiée et me faisait terriblement mal. De toute façon, une douleur infernale traversait tout mon corps… C'est alors que j'ai ouvert mon œil gauche, heureusement il était intact. J'ai tout de suite remarqué le bâtiment, une énorme bâtisse qui ne se dressait pas trop loin, ce temple monumental fait de pierre, une pierre rongée par le temps et l'humidité. Tout de suite, les images horribles de ce que j'avais vécu se dressèrent devant mes yeux. Je me suis tout rappelé… Tout ce qui m'était arrivé depuis quelques heures, après que, me croyant alors prodigieux et particulièrement résistant, je passai l'entrée du ténébreux Tallaar.
Un étroit faisceau de lumière s'infiltrait par une fissure de la porte massive, mais, sans compter ce rayon chétif, l'antique temple était plongé dans l'obscurité. Mes yeux s'y sont peu à peu habitués, je m'arrêtai et je me suis mis à regarder autour de moi. Les murs étaient couverts de textes écrits dans une langue incompréhensible ainsi que d'étranges dessins qui restaient visibles, bien que tout ce qui était autour soit maculé de sang. Dans certains endroits le sang avait séché, formant une épaisse couche brune ; ailleurs, il était frais, comme si on l'avait versé à peine quelques minutes auparavant. On voyait aussi ses traces sur le sol, mais il n'y avait aucun corps. Vide, sourd, lugubre… J'ai commencé à regarder les dessins. Un d'eux, situé au centre, représentait un guerrier transpercé par une épée. Il appuyait ses mains contre son cœur, et sur son visage on voyait ses larmes séchées ainsi que sa douleur. Souffrance, oui, souffrance – c'était la première chose qui m'est venue à l'esprit. Si j'avais su à ce moment, comme j'avais bien déchiffré le dessin qui avait donné son nom à cette salle ! J'ai eu l'impression d'entendre des murmures, un chuchotement, mais je ne pouvais pas m'y concentrer. Mes pensées tourbillonnaient, comme si quelqu'un les brouillait, par contre ma vue et mon ouïe se sont affûtées. J'étais comme la corde tendue d'un arc, quelque chose d'obscur et de mauvais s'insinuait au fond de moi. La colère, je ressentais la colère. Tout à coup, j'entendis un long crissement. Tournant brusquement le regard derrière moi, j'aperçus que la porte de la salle était en train de se refermer rapidement. Je me jetai dans sa direction, mais je ne n'avais pas fait même quelques pas lorsqu'elle se referma complètement. Toutes mes tentatives de la forcer furent vaines, la porte était hermétiquement close… Soudain, une lumière vive jaillit sur moi : une torche apparut sur le mur, puis une autre et une autre encore, jusqu'à ce que la salle fût remplie de leur éclat chaud. Et ce n'est qu'à cet instant que je vis dans le coin opposé de la salle, un homme vêtu d'une armure d'acier, en train de me regarder. J'ai senti mon corps se tendre, et ma main se resserra plus fort sur mon épée. Je me sentais trembler de l'intérieur, mes tempes battaient et mes yeux se remplirent de sang. Un animal sentant sa proie ressent probablement la même chose. Une indomptable colère me gagna : je désirais immédiatement tuer, déchirer celui qui se tenait en face de moi et qui me fixait courageusement. Je ne comprends pas ce qui se passait alors avec mon conscient ! Comme si on m'avait changé, ma tête n'était remplie que d'une seule pensée : démolir, démolir, démolir… Je tombai sur l'inconnu, mon rugissement sauvage se réverbérait sur les antiques parois du maudit temple. Après quelques minutes, tout était fini… Les morceaux du guerrier inconnu gisaient par terre en un tas difforme, la tête avait roulé un peu plus loin. Haletant lourdement, j'agitais ma tête, comme si je ne croyais pas que c'était là l'œuvre de mes propres mains ! Un rideau tomba de mes yeux et pour une fraction de seconde libéra la raison. Je suis un guerrier, le combat c'est ma vie, mais jamais auparavant je ne l'avais fait avec autant de plaisir, un plaisir animal. Je sentais en moi quelque chose d'étranger, d'obscur, qui comme un lent poison, se répandait dans tout mon corps, atteignant les endroits les plus secrets de mon esprit. Une nouvelle porte s'ouvrit avec un petit grincement, comme si une force inconnue m'invitait à faire meilleure connaissance avec le temple. Je ne pouvais plus reculer car la sortie était fermée, il ne me restait donc qu'un seul chemin – droit devant. Les salles se suivaient les unes après les autres. Partout, tout se déroulait selon un scénario prévu à l'avance, écrit, comme il semblait, par la mort elle-même ! À cette différence près, que dans chaque salle la rage bouillonnait en moi avec une force dédoublée. Je fus possédé par une soif de sang, ma force grandissait et la vitesse de mes réactions était foudroyante. Je ne sentais plus de douleur du tout, je me ruais au combat, je voulais tuer, je désirais la mort de l'ennemi, comme jamais avant. J'ai déchiqueté un des guerriers avec lesquels je combattais à mains nues. Maintenant encore, j'entends ses cris, ses derniers cris… Je pourrais essayer de me trouver une excuse en disant que c'était de l'auto-défense, que mes adversaires étaient tout aussi possédés que moi, ou alors que je me battais pou la bonne cause, mais non… Je sais que je me délectais de cette tuerie. J'étais un bourreau, impitoyable, surdoué, indomptable. Ce qui avait pris la maîtrise de ma conscience me jetait contre des Humains et contre des Magmars. Je n'ose même pas me demander si j'aurais été capable de calmer mon esprit dément si mon père ou mon frère s'étaient trouvés en face de moi, car je connais la réponse, l'amère vérité. Tout le monde se soumet à la volonté aveugle et noire de Tallaar, elle rend tous les gens égaux. J'aurais tué n'importe qui, car le temple exerçait sur moi un pouvoir absolu ! Je suis passé par toutes ses salles et je me rappelle de chacune d'elles comme si je venais d'en sortir. Mais ce qui s'est passé après, quand j'ai traversé la dernière salle… Comment je me suis trouvé par terre, hors du temple, ça, je ne le sais pas…

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mardi 15 janvier 2013, 00:51

Tu as entre les mains un fragment du journal de bord du bateau Lastoldia, qui quitta le port de Virigiya en direction du port de Grandfort puis disparu sans laisser de trace au milieu des eaux de l'Océan Balluarien. Les écrits sont humides, ils ont été récupérés dans le filet d'un pêcheur.

4e lever de Mirrous depuis notre départ

Toutes voiles dehors, nous avançons vers l'Est grâce au vent de poupe qui nous permet de bénéficier d'une vitesse constamment élevée. Si le temps continue de nous être favorable, nous n'aurons pas besoin de changer notre route et arriverons à temps à destination. Mais si les conditions de navigation du bateau sont excellentes, l'humeur de l'équipage, elle, a pris un coup après les événements de la veille. Un des jeunes matelos monté sur le bateau à Virigiya a effrayé tout l'équipage en parlant d'un terrible monstre, Flangaria Korr, une pieuvre géante qui terrorise les profondeurs marines. Le matelos assura que ce monstre inquiétant attaquait les navires, les attrapait dans ses tentacules, les brisait comme une noix et traînait les restes au fond de la mer. Personne n'aurait survécu à ses attaques car même si un marin réussissait à sauter du bateau, il finisssait par se faire aspirer par un tourbillon d'une ampleur et d'une force extraordinaires provoqué par le plongeon du monstre. Et pourtant, lui... Il avait bien réussi à se sauver... J'ai pensé que c'était important de consigner son récit dans le journal de bord.
« La nuit arriva juste à temps ! Malgré l'obscurité, notre bateau filait paisiblement sur la route tracée. Une partie de l'équipage se saoûla au rhum jusqu'au petit matin dans la cambuse, chantant à tue-tête des chansons grivoises et s'attirant la hargne du capitaine C'était déjà le deuxième jour que le moussaillon ne sortait plus sur le pont : le pauvre garçon avait le mal de mer. Un tonneau de rhum sur les épaules, j'entrais en vacillant dans la cabine, tout joyeux à l'idée de battre le cuisinier au poker, lorsque je sentis le bateau tanguer plus fortement. Par tous les diables, il ne manquait plus que ça : tomber sur une roche sous-marine ! Le bateau tangua de nouveau et cette fois-ci, le choc se fit clairement sentir. Le bateau se coucha sur le côté. J'essayais de rester debout pour pouvoir retenir les tonneaux qui commençaient à rouler lorsque le moussaillon fonça sur moi. Je voulais lui ficher une claque lorsque je vis que son visage était blanc et ses yeux écarquillés par la peur. Il essayait de dire quelque chose mais ses lèvres ne parvenaient pas à prononcer une parole qui ait du sens. Et finalement je compris quelle était la raison. Une chose immense grimpait lentement à bord du navire. Quelle horreur ! C'était d'immenses tentacules ! Leur face supérieure lisse et brillante reflétait la lumière des lanternes attachées au mât tandis que leur face intérieure était entièrement recouverte d'énormes ventouses de chair. À ce moment, je me souvins des histoires que racontaient les plongeurs, sur les ventouses des pieuvres qui leur servaient à aspirer les fluides des êtres vivants. Je fus pris de panique, mes pieds et mes mains ne m'obéissaient plus, ils étaient paralysés par la peur. Impuissant, je vis l'immense tentacule monter au mât comme un serpent noir. Elle s'enroula autour du robuste poteau et le tira avec une force inouïe. Un craquement assourdissant se fit entendre, me ramenant à la réalité. Des copeaux de bois volaient. L'immense voile mouillée recouvrait le pont. Je me mis à crier à tue-tête et à me jeter sur le petit pont du capitaine. Le bateau était secoué dans tous les sens mais ce n'était pas l'effet des vagues. Le monstre furibond se mit alors à nous attaquer. Nous étions maudits. Je vis les lourdes tentacules briser la surface de l'eau, soulevant des masses d'eau qui retombaient sur le bateau. Le bateau grinçait de tous côtés. À quelques pas de moi, là où se tenaient le cuisinier et Rasmus le barbu, une masse informe gisait au sol. C'étaient... les tentacules du monstre transformaient leur corps en... je ne sais pas comment le décrire, par tous les diables ! Le coup suivant tomba à l'endroit où je me tenais et me balança par-dessus bord. Démuni, gigotant dans l'eau froide, j'attrapai un morceau du mât auquel je m'accrochai fermement. Ce n'est qu'ensuite que j'osai sortir la tête de l'eau. Notre bateau semblait minuscule à côté des tentacules qui sortaient de l'eau et le détruisaient à vue d'œil. Seul les tentacules de Flangaria Korr étaient visibles... Lorsque j'en eu la force, je me mis à ramer le plus rapidement possible pour m'éloigner, cognant contre des morceaux de bois et des cadavres. Soudain, je sentis une incroyable force m'aspirer vers le fond. L'animal plongeaient dans les profondeurs marines, entraînant avec lui ce qui restait du bateau. Ce faisant, il créait un tourbillon d'une puissance méconnue qui aspirait tout à sa portée, les objets, les vivants, les morts... C'est un miracle que j'en ait réchappé. J'ai eu une chance incroyable car j'étais à deux doigts d'y passer. Par le diable des mers, je jure que mon heure n'est pas encore venue de quitter ce monde ! Mais je n'avais jamais vu d'horreur pareille. Ce qui vit au fond de l'Océan Balluarien est une créature diabolique venue de l'enfer... »
Les marins sont connu pour leur superstition, c'est pourquoi cette histoire marqua profondément l'équipage du Lastoldia. Toute la matinée, ils échangèrent des regards douteux, se chuchotant à l'oreille... Si la nouvelle recrue n'avais pas raconté cette histoire la veille au soir, j'aurais cru qu'ils préparaient une mutinerie ! Je dois avouer que je suis moi-même inquiet et que j'ai peur de Flangaria Korr. En plus, notre route va croiser celle de ce bateau... Et puis ce temps ! Pas un souffle de vent ! Les marins disent que ça ne présage rien de bon...

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